Animal

La première utilisation de la thermographie fut dans le domaine militaire avant de revenir au civil par les analyses techniques puis de trouver son utilité en médecine en 1960.

Dans le domaine médical, une augmentation la température de surface de la peau, traduit généralement un processus inflammatoire, un problème vasculaire ou une affection néoplasique. De même, lorsque la température de surface de la peau diminue, cela peut traduire la présence d’œdème, la présence de tissus cicatriciels profonds, une atrophie musculaire, des phénomènes vasculaires (thrombose, infarctus) ou encore des lésions nerveuses.

La thermographie attise également la curiosité des vétérinaires:

Cette technologie permet d’obtenir une valeur de température cutané rapidement, sans être invasive ni nécessiter un quelconque contact avec l’animal. Minimiser la contention est indispensable pour l’interprétation des résultats. Les animaux stressant facilement, le fait de ne pas avoir à les manipuler augmente la fiabilité de la température recueillie.

 

Dans le monde animal, la thermographie peut être utilisée à plusieurs fins :

En tant qu’outil diagnostique ou pour suivre une anomalie repérée lors de l’examen clinique

  • En médecine équine
La Thermographie a un intérêt variable en fonction de la localisation des lésions. La thermographie révèle une assez bonne aptitude pour différencier un dos sain d’un dos lésionnel.
Mais en ce qui concerne les membres, elle n’aurait la capacité que de détecter les régions indemnes. Elle présente un intérêt majeur dans le diagnostic et le suivi des tendinopathies des fléchisseurs. De même, en ce qui concerne les micros fractures de fatigue, la Thermographie présenterait un réel avantage en les décelant plus précocement qu‘à l’aide de la radiographie.

D’autres affections podales du cheval peuvent être détectées grâce à la Thermographie car elles provoquent des modifications de la température de surface de la peau en regard : abcès, luxations, …

 

 

  • Chez les bovins

Tout comme en médecine humaine ou équine, la thermographie peut aider à mettre en évidence des phénomènes inflammatoires chez les bovins.

 

 

  • Chez les porcs

les images thermiques étant mieux adaptées chez ces derniers qui n’ont pas de plumes et très peu de poils. Par ailleurs, de par sa capacité de mesure à distance, la thermographie semble très utile dans l’étude des températures corporelles puisqu’elle évite la contention et la manipulation des animaux qui n’y sont pas toujours habitués.

 

  • Images thermiques des oiseaux
Il y a quelques particularités des oiseaux que l’on se doit de prendre en compte lorsque l’on veut interpréter des images thermographiques et en particulier leur emplumement. Sa fonction est double puisqu’il garantit une protection physique de la peau contre les agressions du milieu ainsi qu’une isolation efficace de leur corps contre les déperditions calorifiques. Cela rend donc les applications de la thermographie sur les animaux à plumes plus délicates.

 

La thermographie ait donc en mesure de renforcer les capacités de diagnostic des vétérinaires ou des éleveurs dans l’évaluation de l’état clinique des animaux. Sa capacité de mesures à distance est particulièrement avantageuse dans le cadre des élevages porcins pour éviter l’affolement des animaux parfois non habitues a l’Homme et les élévations de température qui en résultent

Cependant, il est important de garder à l’esprit que l’imagerie infrarouge fournit des indications sur des modifications de circulation sanguine du tissu ou de son métabolisme dans une moindre mesure, mais non sur la nature du problème. La radiologie, l’échographie, le scanner, l’IRM et la scintigraphie sont donc à utiliser en complément de la thermographie.

 

Enfin cette technique d’imagerie peut être utilisée dans le cadre d’un programme du « bien-être animal ».

  • Exemple en élevage aviaire

Le confort thermique a une grande importance chez les volailles pour préserver l’équilibre de la température du corps en particulier pendant les périodes les plus froides. Ce confort dépend de 5 facteurs principaux : la température de l’air ambiant, la ventilation et l’hygrométrie dans le bâtiment, la température de la litière et enfin, la température des parois

On sait qu’environ 70% des pertes de chaleur d’un bâtiment se font par le plafond, il est donc essentiel qu’il soit correctement isole. Il n’est donc pas rare de voir certains éleveurs installer des plaques de mousse sur les rideaux de bâtiments de type Louisiane en période de démarrage pour éviter des pertes trop importantes de chaleur. Effectivement, on peut noter que les oiseaux les plus jeunes sont ceux qui nécessiteront le plus de chauffage, donc le plus d’énergie car ils présentent une forte sensibilité aux stress thermiques froids. Avec le développement du plumage, les capacités d’adaptation de l’animal au froid s’élargissent.

D’autre part, les images thermiques peuvent apporter des informations sur l’ambiance ressentie par les animaux dans un bâtiment de démarrage qui peut se révéler différente de l’impression que l’on pourrait en avoir en circulant à l’intérieur de celui-ci. Même si une caméra thermique ne mesure pas directement la température de l’air dans un bâtiment, elle peut mesurer la température des différentes surfaces dans un bâtiment ce qui peut être tout aussi utile.

La litière est un élément important du confort des volailles. La qualité et la quantité des matériaux utilisés en première litière (paille ou copeaux), ainsi que sa gestion en cours de lot influent indirectement sur les besoins de température et de renouvellement d’air et donc sur les dépenses de chauffage.
                  Un des leviers d’action importants qu’un éleveur peut utiliser dans le but d’économiser de l’énergie est l’isolation de ses bâtiments. Les images thermiques sont donc d’une utilité majeure dans les bâtiments aviaires puisqu’elles permettent de révéler des fuites au niveau de la toiture des bâtiments ou bien autour des portes, trappes, rideaux,… Ces fuites entrainent des pertes de chaleur vers l’extérieur et des entrées d’air froid. Cela provoque donc des pertes d’énergie à travers l’augmentation de la consommation (de fuel, gaz, électricité,…) pour compenser le stress thermique ressenti par les oisillons. La thermographie est donc un bon moyen pour aider les éleveurs à réduire leurs dépenses énergétiques et donc le cout de revient d’un animal qui est l’une de leur préoccupations principales.

Les problématiques d’économie d’énergie sont aujourd’hui devenues l’une des principales priorités de la filière avicole. En effet, en production de volailles de chair, l’énergie nécessaire à la production d’un poulet standard représente environ 3% du cout de production total. La thermographie semble d’autant plus pertinente dans l’optimisation des couts de production quand on sait que 80% de la facture énergétique de tels élevages est le résultat du chauffage des bâtiments essentiellement (d’après Sciences et Techniques Avicoles Hors-série 1997). L’utilisation des images thermiques renseigne sur l’ambiance dans un bâtiment ainsi que sur le confort thermique des animaux et donc sur la consommation d’énergie moyenne d’un bâtiment.